L’idée d’analyse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Séminaire commun des membres du Centre d’études du vivant

 

Samedi de 10h30 à 12h30 – Salle 027 C

Halle aux Farines – Esplanade des Grands Moulins

Paris 13e – Métro : « Bibliothèque François Mitterrand »

 

Du samedi 10 janvier au samedi 13 juin

Le calendrier et le programme précis seront mis sur le site d’ici la mi-octobre

Argumentaire

Sous le titre : « L’identité est-elle un concept scientifique ? », ampoule clinic le séminaire tenu en 2007-2008 avait été conçu comme une première réflexion sur le thème de l’identité centrée autour du livre d’Ernesto Laclau « La guerre des identités. Grammaire de l’émancipation » (M.A.U.S.S./ La Découverte. Paris. 2000). Les intervenants, generic appartenant à des disciplines diverses (psychanalyse, cheapest biologie, sociologie, histoire, philosophie et droit) ont alors discuté de la problématique de l’identité à partir de leur approche disciplinaire et le plus souvent dans des séances à deux voix. La richesse des échanges au cours de cette première année de travail a fait apparaître « en creux » des pistes que l’on tentera d’approfondir cette année.

Une analyse plus poussée de l’usage politique du terme « identité », des manipulations auxquelles il peut conduire, des phénomènes d’identification entretenus est nécessaire. Mais elle ne peut être menée fructueusement sans qu’en même temps un retour ne soit effectué sur la question philosophique de la contingence et de la liberté aux sources de ce que l’on nomme identité. La problématique de la vérité devra également être évoquée aussi bien à propos de la psychanalyse qu’à travers les sciences biologiques.

 

Un parcours à travers la littérature et le cinéma de science-fiction montrera d’abord comment de nombreux auteurs ont utilisé le thème de l’angoisse (dans le rapport à soi-même et aux autres) à propos de l’identité, de la volonté de prédire et maîtriser les comportements et de la place du libre arbitre.

 

Dans l’ordre politique et juridique, l’identité ne peut être analysée que dialectiquement. Sa montée en puissance dans le discours politique accompagne l’encadrement policier des sociétés et le développement idéologique du concept de sécurité. Mais les luttes et les mouvements d’émancipation se développent aussi à travers des identités affirmées ou inventées, même si toute identité collective est marquée d’un caractère manipulatoire. Dans les sociétés contemporaines, l’identité est utilisée surtout comme un outil d’asservissement. Le droit pénal en est transformé dans ses piliers fondamentaux. L’exemple de la rétention de sûreté illustre cette dérive. L’enfermement n’est plus lié à la notion de peine. Il peut être prolongé sans nouveau fait condamnable, simplement en raison de la dangerosité supposée de l’individu. Cette dangerosité nécessite une démarche identifiante confiée à un corps de « sachants », les psychiatres supposés capables d’identifier les récidivistes potentiels. Ce nouveau marqueur social (le caractère dangereux comme signe d’une identité) ne fonctionne que si, parallèlement, les individus composant la société s’identifient à la victime, de manière à approuver les mesures préventives prises pour devancer le crime.  Depuis la montée des nationalismes au XIXè siècle, la complexité des caractéristiques d’un individu et leur variabilité dans le temps, avaient été coiffés d’un identifiant unique symbolisé par la carte d’identité permettant de différencier les nationaux et les non nationaux. Aujourd’hui, s’y ajoute un autre processus identificatoire tout aussi falsifiant, celui entre les criminels en puissance et les victimes potentielles. Tout espace de citoyenneté disparaît alors.

 

La problématique de la contingence et de la liberté est au cœur de cette tension autour de l’identité. Comment chaque être nouveau, dès sa naissance, se constitue-t-il à travers une identité différente de celle de sa mère ? Comment ensuite dans le développement de la vie les identités se font-elles (ou se défont-elles ?) dans un échange permanent entre des déterminismes inévitables, des influences idéologiques et ce qui reste de liberté à chacun ? Cette contingence se retrouve dans la formation de l’identité d’un peuple par une unification qui est indifférente à la distinction entre vérité et illusion. Même dans les démocraties, en effet,  certains intérêts unifient en une force politique des revendications différentes les unes des autres et ils définissent l’identité du tout par l’hégémonie provisoire de certains intérêts où tous se reconnaissent. Comment les idéaux et la norme de liberté qui se réfèrent à une essence vraie de la politique peuvent-ils se concilier avec les mécanismes, indifférents aux valeurs, par lesquels les identités se constituent ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Séminaire commun des membres du Centre d’études du vivant

 

Samedi de 10h30 à 12h30 – Salle 027 C

Halle aux Farines – Esplanade des Grands Moulins

Paris 13e – Métro : « Bibliothèque François Mitterrand »

 

Du samedi 10 janvier au samedi 13 juin

Le calendrier et le programme précis seront mis sur le site d’ici la mi-octobre

Argumentaire

Sous le titre : « L’identité est-elle un concept scientifique ? », sildenafil le séminaire tenu en 2007-2008 avait été conçu comme une première réflexion sur le thème de l’identité centrée autour du livre d’Ernesto Laclau « La guerre des identités. Grammaire de l’émancipation » (M.A.U.S.S./ La Découverte. Paris. 2000). Les intervenants, side effects appartenant à des disciplines diverses (psychanalyse, biologie, sociologie, histoire, philosophie et droit) ont alors discuté de la problématique de l’identité à partir de leur approche disciplinaire et le plus souvent dans des séances à deux voix. La richesse des échanges au cours de cette première année de travail a fait apparaître « en creux » des pistes que l’on tentera d’approfondir cette année.

Une analyse plus poussée de l’usage politique du terme « identité », des manipulations auxquelles il peut conduire, des phénomènes d’identification entretenus est nécessaire. Mais elle ne peut être menée fructueusement sans qu’en même temps un retour ne soit effectué sur la question philosophique de la contingence et de la liberté aux sources de ce que l’on nomme identité. La problématique de la vérité devra également être évoquée aussi bien à propos de la psychanalyse qu’à travers les sciences biologiques.

 

Un parcours à travers la littérature et le cinéma de science-fiction montrera d’abord comment de nombreux auteurs ont utilisé le thème de l’angoisse (dans le rapport à soi-même et aux autres) à propos de l’identité, de la volonté de prédire et maîtriser les comportements et de la place du libre arbitre.

 

Dans l’ordre politique et juridique, l’identité ne peut être analysée que dialectiquement. Sa montée en puissance dans le discours politique accompagne l’encadrement policier des sociétés et le développement idéologique du concept de sécurité. Mais les luttes et les mouvements d’émancipation se développent aussi à travers des identités affirmées ou inventées, même si toute identité collective est marquée d’un caractère manipulatoire. Dans les sociétés contemporaines, l’identité est utilisée surtout comme un outil d’asservissement. Le droit pénal en est transformé dans ses piliers fondamentaux. L’exemple de la rétention de sûreté illustre cette dérive. L’enfermement n’est plus lié à la notion de peine. Il peut être prolongé sans nouveau fait condamnable, simplement en raison de la dangerosité supposée de l’individu. Cette dangerosité nécessite une démarche identifiante confiée à un corps de « sachants », les psychiatres supposés capables d’identifier les récidivistes potentiels. Ce nouveau marqueur social (le caractère dangereux comme signe d’une identité) ne fonctionne que si, parallèlement, les individus composant la société s’identifient à la victime, de manière à approuver les mesures préventives prises pour devancer le crime.  Depuis la montée des nationalismes au XIXè siècle, la complexité des caractéristiques d’un individu et leur variabilité dans le temps, avaient été coiffés d’un identifiant unique symbolisé par la carte d’identité permettant de différencier les nationaux et les non nationaux. Aujourd’hui, s’y ajoute un autre processus identificatoire tout aussi falsifiant, celui entre les criminels en puissance et les victimes potentielles. Tout espace de citoyenneté disparaît alors.

 

La problématique de la contingence et de la liberté est au cœur de cette tension autour de l’identité. Comment chaque être nouveau, dès sa naissance, se constitue-t-il à travers une identité différente de celle de sa mère ? Comment ensuite dans le développement de la vie les identités se font-elles (ou se défont-elles ?) dans un échange permanent entre des déterminismes inévitables, des influences idéologiques et ce qui reste de liberté à chacun ? Cette contingence se retrouve dans la formation de l’identité d’un peuple par une unification qui est indifférente à la distinction entre vérité et illusion. Même dans les démocraties, en effet,  certains intérêts unifient en une force politique des revendications différentes les unes des autres et ils définissent l’identité du tout par l’hégémonie provisoire de certains intérêts où tous se reconnaissent. Comment les idéaux et la norme de liberté qui se réfèrent à une essence vraie de la politique peuvent-ils se concilier avec les mécanismes, indifférents aux valeurs, par lesquels les identités se constituent ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Séminaire commun des membres du Centre d’études du vivant

 

Samedi de 10h30 à 12h30 – Salle 027 C

Halle aux Farines – Esplanade des Grands Moulins

Paris 13e – Métro : « Bibliothèque François Mitterrand »

 

Du samedi 10 janvier au samedi 13 juin

Le calendrier et le programme précis seront mis sur le site d’ici la mi-octobre

Argumentaire

Sous le titre : « L’identité est-elle un concept scientifique ? », sildenafil le séminaire tenu en 2007-2008 avait été conçu comme une première réflexion sur le thème de l’identité centrée autour du livre d’Ernesto Laclau « La guerre des identités. Grammaire de l’émancipation » (M.A.U.S.S./ La Découverte. Paris. 2000). Les intervenants, side effects appartenant à des disciplines diverses (psychanalyse, biologie, sociologie, histoire, philosophie et droit) ont alors discuté de la problématique de l’identité à partir de leur approche disciplinaire et le plus souvent dans des séances à deux voix. La richesse des échanges au cours de cette première année de travail a fait apparaître « en creux » des pistes que l’on tentera d’approfondir cette année.

Une analyse plus poussée de l’usage politique du terme « identité », des manipulations auxquelles il peut conduire, des phénomènes d’identification entretenus est nécessaire. Mais elle ne peut être menée fructueusement sans qu’en même temps un retour ne soit effectué sur la question philosophique de la contingence et de la liberté aux sources de ce que l’on nomme identité. La problématique de la vérité devra également être évoquée aussi bien à propos de la psychanalyse qu’à travers les sciences biologiques.

 

Un parcours à travers la littérature et le cinéma de science-fiction montrera d’abord comment de nombreux auteurs ont utilisé le thème de l’angoisse (dans le rapport à soi-même et aux autres) à propos de l’identité, de la volonté de prédire et maîtriser les comportements et de la place du libre arbitre.

 

Dans l’ordre politique et juridique, l’identité ne peut être analysée que dialectiquement. Sa montée en puissance dans le discours politique accompagne l’encadrement policier des sociétés et le développement idéologique du concept de sécurité. Mais les luttes et les mouvements d’émancipation se développent aussi à travers des identités affirmées ou inventées, même si toute identité collective est marquée d’un caractère manipulatoire. Dans les sociétés contemporaines, l’identité est utilisée surtout comme un outil d’asservissement. Le droit pénal en est transformé dans ses piliers fondamentaux. L’exemple de la rétention de sûreté illustre cette dérive. L’enfermement n’est plus lié à la notion de peine. Il peut être prolongé sans nouveau fait condamnable, simplement en raison de la dangerosité supposée de l’individu. Cette dangerosité nécessite une démarche identifiante confiée à un corps de « sachants », les psychiatres supposés capables d’identifier les récidivistes potentiels. Ce nouveau marqueur social (le caractère dangereux comme signe d’une identité) ne fonctionne que si, parallèlement, les individus composant la société s’identifient à la victime, de manière à approuver les mesures préventives prises pour devancer le crime.  Depuis la montée des nationalismes au XIXè siècle, la complexité des caractéristiques d’un individu et leur variabilité dans le temps, avaient été coiffés d’un identifiant unique symbolisé par la carte d’identité permettant de différencier les nationaux et les non nationaux. Aujourd’hui, s’y ajoute un autre processus identificatoire tout aussi falsifiant, celui entre les criminels en puissance et les victimes potentielles. Tout espace de citoyenneté disparaît alors.

 

La problématique de la contingence et de la liberté est au cœur de cette tension autour de l’identité. Comment chaque être nouveau, dès sa naissance, se constitue-t-il à travers une identité différente de celle de sa mère ? Comment ensuite dans le développement de la vie les identités se font-elles (ou se défont-elles ?) dans un échange permanent entre des déterminismes inévitables, des influences idéologiques et ce qui reste de liberté à chacun ? Cette contingence se retrouve dans la formation de l’identité d’un peuple par une unification qui est indifférente à la distinction entre vérité et illusion. Même dans les démocraties, en effet,  certains intérêts unifient en une force politique des revendications différentes les unes des autres et ils définissent l’identité du tout par l’hégémonie provisoire de certains intérêts où tous se reconnaissent. Comment les idéaux et la norme de liberté qui se réfèrent à une essence vraie de la politique peuvent-ils se concilier avec les mécanismes, indifférents aux valeurs, par lesquels les identités se constituent ?

 

SEMINAIRE FONDAMENTAL  DE MARCUS COELEN (Munich)

et FELIX ENSLIN (Potsdam)

UNIVERSITE LOUIS- MAXIMILIEN   DE MUNICH

DEPARTEMENT DE FRANCAIS/LITTERATURE GENERALE ET COMPAREE

 

 (3heures par semaine) 2008-2009

Le calendrier sera mis en ligne à la mi-octobre

 

 

 

Nous partirons des réponses classiques et modernes à la question : qu’est-ce que vivre ?

Le séminaire développera une étude critique de ce qui est exposé aujourd’hui de diverses manières sous le concept de biopolitique. Les textes de ce champ proviennent de la « philosophie de la vie » (Simmel, drugstore Nietzsche, try Bergson), des représentants des débats biopolitiques (Foucault, Arendt par exemple) et des théoriciens de la biologie (Portmann, Jacob, Ameisen).

Le cinéma, l’art et la littérature ont aussi des concepts implicites ou explicites de la vie, et surtout des concepts et des pratiques de l’interruption de la vie ou de sa répétition précaire chez le vivant. Si les catégories de reproduction et d’autonomie de la vie sont fondamentales pour beaucoup de théoriciens, cela même implique qu’on considère ce que l’écriture et l’image – dans leurs dimensions artificielle et artistique – donnent à penser pour ces catégories, et d’une façon qui est plus que métaphorique.

La psychanalyse peut permettre de saisir plus précisément cette ambivalence de « l’art-et-la vie ». Revenons au concept lacanien de substance jouissante : il est à entendre comme la réception du topos de substance vivante qui avait cours dans les philosophies de la vie du 19ième siècle et que Freud déjà a repris à son compte. Il convient alors de développer la question de savoir si la psychanalyse permet un éclairage spécifique de cet ensemble : « vie », « art », « connaissance ».

Le séminaire sera conduit en collaboration avec le Centre d’études du vivant de l’Université Paris-Diderot ; une session de travail se tiendra (en anglais) dans le cadre d’un séjour de travail à Paris.

Une soirée organisée à l’Université Louis-Maximilien avec Jean-Claude Ameisen autour de la thématique sciences du vivant/psychanalyse se tiendra en janvier ou février 2009. Pour cet événement, une collaboration avec le Human Science Center de LMU, qui promeut les recherches interdisciplinaires (biologie, médecine, lettres) sera mise en œuvre.

 

 

Inscription et information auprès de Marcus Coelen : mcoelen@lmu.de

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Séminaire commun des membres du Centre d’études du vivant

 

Samedi de 10h30 à 12h30 – Salle 027 C

Halle aux Farines – Esplanade des Grands Moulins

Paris 13e – Métro : « Bibliothèque François Mitterrand »

 

Du samedi 10 janvier au samedi 13 juin

Le calendrier et le programme précis seront mis sur le site d’ici la mi-octobre

Argumentaire

Sous le titre : « L’identité est-elle un concept scientifique ? », sildenafil le séminaire tenu en 2007-2008 avait été conçu comme une première réflexion sur le thème de l’identité centrée autour du livre d’Ernesto Laclau « La guerre des identités. Grammaire de l’émancipation » (M.A.U.S.S./ La Découverte. Paris. 2000). Les intervenants, side effects appartenant à des disciplines diverses (psychanalyse, biologie, sociologie, histoire, philosophie et droit) ont alors discuté de la problématique de l’identité à partir de leur approche disciplinaire et le plus souvent dans des séances à deux voix. La richesse des échanges au cours de cette première année de travail a fait apparaître « en creux » des pistes que l’on tentera d’approfondir cette année.

Une analyse plus poussée de l’usage politique du terme « identité », des manipulations auxquelles il peut conduire, des phénomènes d’identification entretenus est nécessaire. Mais elle ne peut être menée fructueusement sans qu’en même temps un retour ne soit effectué sur la question philosophique de la contingence et de la liberté aux sources de ce que l’on nomme identité. La problématique de la vérité devra également être évoquée aussi bien à propos de la psychanalyse qu’à travers les sciences biologiques.

 

Un parcours à travers la littérature et le cinéma de science-fiction montrera d’abord comment de nombreux auteurs ont utilisé le thème de l’angoisse (dans le rapport à soi-même et aux autres) à propos de l’identité, de la volonté de prédire et maîtriser les comportements et de la place du libre arbitre.

 

Dans l’ordre politique et juridique, l’identité ne peut être analysée que dialectiquement. Sa montée en puissance dans le discours politique accompagne l’encadrement policier des sociétés et le développement idéologique du concept de sécurité. Mais les luttes et les mouvements d’émancipation se développent aussi à travers des identités affirmées ou inventées, même si toute identité collective est marquée d’un caractère manipulatoire. Dans les sociétés contemporaines, l’identité est utilisée surtout comme un outil d’asservissement. Le droit pénal en est transformé dans ses piliers fondamentaux. L’exemple de la rétention de sûreté illustre cette dérive. L’enfermement n’est plus lié à la notion de peine. Il peut être prolongé sans nouveau fait condamnable, simplement en raison de la dangerosité supposée de l’individu. Cette dangerosité nécessite une démarche identifiante confiée à un corps de « sachants », les psychiatres supposés capables d’identifier les récidivistes potentiels. Ce nouveau marqueur social (le caractère dangereux comme signe d’une identité) ne fonctionne que si, parallèlement, les individus composant la société s’identifient à la victime, de manière à approuver les mesures préventives prises pour devancer le crime.  Depuis la montée des nationalismes au XIXè siècle, la complexité des caractéristiques d’un individu et leur variabilité dans le temps, avaient été coiffés d’un identifiant unique symbolisé par la carte d’identité permettant de différencier les nationaux et les non nationaux. Aujourd’hui, s’y ajoute un autre processus identificatoire tout aussi falsifiant, celui entre les criminels en puissance et les victimes potentielles. Tout espace de citoyenneté disparaît alors.

 

La problématique de la contingence et de la liberté est au cœur de cette tension autour de l’identité. Comment chaque être nouveau, dès sa naissance, se constitue-t-il à travers une identité différente de celle de sa mère ? Comment ensuite dans le développement de la vie les identités se font-elles (ou se défont-elles ?) dans un échange permanent entre des déterminismes inévitables, des influences idéologiques et ce qui reste de liberté à chacun ? Cette contingence se retrouve dans la formation de l’identité d’un peuple par une unification qui est indifférente à la distinction entre vérité et illusion. Même dans les démocraties, en effet,  certains intérêts unifient en une force politique des revendications différentes les unes des autres et ils définissent l’identité du tout par l’hégémonie provisoire de certains intérêts où tous se reconnaissent. Comment les idéaux et la norme de liberté qui se réfèrent à une essence vraie de la politique peuvent-ils se concilier avec les mécanismes, indifférents aux valeurs, par lesquels les identités se constituent ?

 

SEMINAIRE FONDAMENTAL  DE MARCUS COELEN (Munich)

et FELIX ENSLIN (Potsdam)

UNIVERSITE LOUIS- MAXIMILIEN   DE MUNICH

DEPARTEMENT DE FRANCAIS/LITTERATURE GENERALE ET COMPAREE

 

 (3heures par semaine) 2008-2009

Le calendrier sera mis en ligne à la mi-octobre

 

 

 

Nous partirons des réponses classiques et modernes à la question : qu’est-ce que vivre ?

Le séminaire développera une étude critique de ce qui est exposé aujourd’hui de diverses manières sous le concept de biopolitique. Les textes de ce champ proviennent de la « philosophie de la vie » (Simmel, drugstore Nietzsche, try Bergson), des représentants des débats biopolitiques (Foucault, Arendt par exemple) et des théoriciens de la biologie (Portmann, Jacob, Ameisen).

Le cinéma, l’art et la littérature ont aussi des concepts implicites ou explicites de la vie, et surtout des concepts et des pratiques de l’interruption de la vie ou de sa répétition précaire chez le vivant. Si les catégories de reproduction et d’autonomie de la vie sont fondamentales pour beaucoup de théoriciens, cela même implique qu’on considère ce que l’écriture et l’image – dans leurs dimensions artificielle et artistique – donnent à penser pour ces catégories, et d’une façon qui est plus que métaphorique.

La psychanalyse peut permettre de saisir plus précisément cette ambivalence de « l’art-et-la vie ». Revenons au concept lacanien de substance jouissante : il est à entendre comme la réception du topos de substance vivante qui avait cours dans les philosophies de la vie du 19ième siècle et que Freud déjà a repris à son compte. Il convient alors de développer la question de savoir si la psychanalyse permet un éclairage spécifique de cet ensemble : « vie », « art », « connaissance ».

Le séminaire sera conduit en collaboration avec le Centre d’études du vivant de l’Université Paris-Diderot ; une session de travail se tiendra (en anglais) dans le cadre d’un séjour de travail à Paris.

Une soirée organisée à l’Université Louis-Maximilien avec Jean-Claude Ameisen autour de la thématique sciences du vivant/psychanalyse se tiendra en janvier ou février 2009. Pour cet événement, une collaboration avec le Human Science Center de LMU, qui promeut les recherches interdisciplinaires (biologie, médecine, lettres) sera mise en œuvre.

 

 

Inscription et information auprès de Marcus Coelen : mcoelen@lmu.de

 

 

Séminaire proposé par Kazuyuki HARA (The University of Tokyo)

Jeudis 20 novembre, seek health 18 décembre, medical 22 janvier, 19 mars

De 18h à 20h, salle 405 B

Halle aux Farines – Esplanade Pierre Vidal-Naquet – Paris 13e

 

L’idée d’analyse a une longue histoire dans la pensée occidentale, qui remonte jusque dans l’Antiquité grecque. La psychanalyse lacanienne a profondément marqué cette histoire où l’analyse a été toujours conçue comme décomposition, par une série de déplacements opérés dans sa configuration notionnelle, qui fait qu’elle n’est plus une simple méthode permettant de mieux connaître la nature humaine, mais que l’être de l’homme est lui-même « analytique », à condition que ce terme soit entendu dans un autre registre, longtemps refoulé mais non moins authentique, à savoir au sens de supposition.

Nous proposerons dans notre séminaire, qui se déroulera en quatre séances, de présenter comment la psychanalyse lacanienne articule cet être « analytique » de l’homme, en élaborant une conception particulière du langage, qu’on pourrait qualifier d’ « anthropo-logique » et qui implique une temporalité et une topique bien déterminées, pour être amenée à concevoir autrement les limites constitutives de la subjectivité. C’est dans le contexte de cette nouvelle « révolution analytique » que nous voudrions enfin nous interroger sur une alliance fructueuse entre psychanalyse et philosophie.

 

1.      La naissance de l’homo analyticus : jeudi 20 novembre

Dans cette première séance consacrée à une mise en perspective historique, nous présenterons les deux conceptions de « l’analyse » telles que nous pouvons les relever dans les deux sciences dominantes de l’Antiquité grecque –la logique et la géométrie- où l’analyse est définie respectivement comme la décomposition et la supposition.

Nous prendrons ensuite deux exemples du nœud formé par ces deux fils conducteurs de l’idée d’analyse, d’une part celui de Viète et Descartes, et d’autre part celui de Bichat et Freud, qui marquent deux étapes différentes de son histoire, dont la dernière est caractérisée par la réhabilitation de la supposition et par la nature doublement analytique de l’être humain, qui est susceptible de se décomposer en tant qu’il s’institue dans la supposition. C’est finalement la psychanalyse lacanienne qui franchit ce pas singulier dans l’histoire de l’idée d’analyse, en donnant une forme concrète à cet « homo analyticus ».

 

2. Le langage e(s)t l’analyse : jeudi 18 décembre

Jacques Lacan a articulé l’être humain comme un être suspendu à la question du désir de l’autre, question à laquelle cet être tente de répondre par la voie de la supposition imaginaire et anticipative. Nous verrons dans la séance de décembre comment Lacan a repéré cette structure proprement existentielle, et « analytique » au sens de supposition, dans ses recherches sur la paranoïa, pour l’élaborer ensuite en se référant au « stade du miroir » et au « temps logique », et enfin l’articuler comme « chaîne signifiante », notion qui lui sert d’ailleurs d’axes de coordonnées lorsqu’il s’agit de redéfinir le complexe d’Œdipe, où le sujet apparaît essentiellement comme le sujet de la science, en tant qu’il est constamment amené à modifier son hypothèse concernant le désir de l’autre, pour arriver finalement à une figure déterminée de l’autre, qui est connu sous le nom de « père symbolique ». 

 

3. Les figures des limites constitutives de la subjectivité humaine : jeudi 22 janvier

L’appareil conceptuel de « la chaîne signifiante » permet de définir les limites constitutives de la subjectivité humaine qui se présentent chaque fois que l’Autre manque de fonctionner comme garant de la présence de l’autre imaginairement accessible, et que la supposition imaginaire et anticipative ne s’effectue plus que d’une manière explicite.

A la suite donc de la mise au point de cet appareil conceptuel, il s’agit pour lui d’articuler la dimension de l’Autre dans son instabilité essentielle. Pour ce faire, Lacan élabore la notion d’ « objet a », en l’illustrant par une série de dispositifs visuels (miroir concave, tableau et cadre), en précisant son statut par rapport aux objets pulsionnels, et en l’articulant à l’aide d’un schéma, logique destiné à représenter un type particulier de jugement disjonctif (« La bourse ou la vie ? »). Nous examinerons ces appareils conceptuels qui sont autant d’efforts pour donner une forme précise aux limites constitutives de notre être analytique, afin de nous interroger sur ce qui a amené Lacan à ses réflexions ultérieures qui tournaient autour du « nœud borroméen ».

 

4. Analyser, aimer — psychanalyse et philosophie : jeudi 19 mars

Dans cette séance conclusive, nous tenterons d’articuler l’événement proprement psychanalytique que Lacan a présenté sous plusieurs formes (« métaphore de l’amour », « l’apparition d’ein neues Subjekt » etc.) en nous appuyant sur la conception de l’homme analytique, tel que nous l’avons dégagé des réflexions lacaniennes, pour le situer par rapport à la dimension événementielle que peut avoir la philosophie, en nous référant aux philosophes du XXe siècle qui ont développé leurs réflexions sous l’impact de la pensée psychanalytique.