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Nouvelles représentations de la vie en biologie et philosophie du vivant

Séminaire organisé par Laurent Cherlonneix
Jean-Claude Ameisen co-anime ces séances
Salle du Campanile – 8e étage 897 C – Les Grands Moulins
10, buy information pills esplanade Pierre Vidal-Naquet – Paris 13e

Le but de ce séminaire est d’examiner les conditions de possibilité d’un dialogue et d’initier un tel dialogue entre d’une part les différents présupposés sur le vivant dans les divers horizons propres aux différents intervenants non biologistes (philosophie de la vie, salve philosophie de la biologie, help philosophie de la médecine, psychanalyse) et d’autre part les concepts vie-mort exploitables à partir de la biologie en tant qu’elle est aujourd’hui marquée voire modifiée par les recherches sur l’auto-effacement cellulaire. Une condition d’échanges fructueux, notamment pour les non biologistes, est la lecture de La sculpture du vivant. Le suicide cellulaire ou la mort créatrice de Jean-Claude Ameisen (Paris, Le Seuil, 1999, rééd. 2000, 2003).

PROGRAMME DES TROIS VOLETS DE 2008 À 2010

1er volet : biologie et épistémologie de la régulation de la mort cellulaire
Durant le premier semestre 2008, un premier volet a été proposé dans une perspective largement épistémologique. Après l’exposé de  l’immunologiste Jean-Claude Ameisen, nous avons interrogé dans une perspective de clarification les nouvelles notions mises en avant par la biologie cellulaire contemporaine (interrogation d’une part sur l’insertion de cette problématique dans la pensée évolutionniste, d’autre part sur son insertion dans le vocabulaire, notamment celui de la régulation, mis en avant depuis les années 60 par la biologie moléculaire). Nous avons ensuite confronté ces concepts et ce vocabulaire, opératoires à un niveau cellulaire en biologie, à d’autres niveaux de discours ayant des objets a priori tout à fait distincts, et qui, a posteriori, ont validé leur hétérogénéité vis-à-vis du vocabulaire biologique : la pulsion freudienne de mort d’une part, l’accompagnement des mourants et la relation patient-médecin tels que l’éthique peut l’envisager dans le contexte médical contemporain d’autre part. La validation de cette hétérogénéité a été accompagnée de discussions profitables de part et d’autre.

2ème volet : Y a-t-il une discussion possible entre biologie de la mort cellulaireet cinq propositions relevant d’une philosophie du vivant ?
Pour le second volet du premier semestre 2009 nous proposons de revenir sur ces notions toutes associées à la suspension et à l’initiation de la mort cellulaire, à partir de l’histoire de la philosophie du vivant. Est-ce que, de Bergson à Heidegger, de Jonas à Deleuze et Derrida, il y a des propositions philosophiques sur la vie ou le vivant susceptibles d’entendre voire éventuellement de rétroagir sur et d’interroger le vocabulaire biologique contemporain, en particulier celui de la mort cellulaire « programmée » ?

3ème volet (1er semestre 2010) : La biologie est-elle, de son propre point de vue, en train de changer son regard sur le vivant, ou bien le doit-elle encore, ou bien un tel « changement » est-il le fruit d’une interprétation externe au champ de la biologie elle-même ?
Pour cet ultime volet, nous inviterons différents biologistes pour leur demander de réfléchir à la cohérence et éventuellement aux dissonances entre certains présupposés fondamentaux de la biologie moderne (par exemple, mais ce n’est qu’une possibilité parmi d’autres, le caractère secondaire de la mort dans la pensée évolutionniste) avec les présupposés qu’apportent les recherches dans le champ de l’apoptose et de la mort cellulaire « programmée ».

PROJET DE PUBLICATION
Nous avons pris langue avec les éditions de Boeck qui nous ont confirmé par écrit l’intérêt qu’elles ont pour la publication en un volume qui sera formé par les contributions issues des trois volets de notre séminaire.
A titre d’exemple, les éditions de Boeck ont déjà publié en février 2008, sous la direction de Paul-Antoine Miquel, un volume de contributions collectives (Paul-Antoine Miquel et Laurent Cherlonneix y ont rédigé des chapitres) dans une série « évolution des concepts fondateurs de la biologie » appelée à s’étendre et dans laquelle l’ouvrage issu de notre séminaire, si le Centre d’études du vivant  continue de le soutenir, viendra trouver sa place.

PROGRAMME POUR 2009

Jeudi 26 mars de 16h à 18h
Jean-Yves Heurtebise, docteur en philosophie de l’université d’Aix-en-Provence, chercheur à l’EHESS (avec une thèse intitulée « penser la vie »), orchestrera le dialogue sur les représentations du vivant en biologie et en philosophie à partir d’un exposé sur une pensée deleuzienne du vivant.
Titre proposé : « Lignes de fuite et négativité : de l’apoptose dans une perspective deleuzienne »

Jeudi 30 avril de 16h à 18h
Frédéric Worms, professeur (Lille 3 et centre d’étude de la philosophie française contemporaine, ENS)
Titre proposé : « Les relations entre la vie et la mort : difficulté, hypothèse, enjeu« .
« Le but de cette conférence sera de montrer qu’à la difficulté vitale de penser la vie et la mort s’en ajoute une autre, d’ordre théorique, et de proposer une hypothèse pour la dépasser, qui consiste dans une sorte de conversion radicale du regard; les enjeux en sont vastes, et couvrent en réalité toute l’extension du problème de la vie et de la mort, aujourd’hui, d’une question en apparence locale, à tous les enjeux ontologiques et scientifiques, mais aussi éthiques et politiques de notre expérience, qui définissent le présent comme moment du vivant ».

Jeudi 14 mai de 16h à 18h
Eric Pommier, agrégé et doctorant (sur Hans Jonas), interviendra sur la place de la mort dans le vivant selon Jonas et Heidegger. Issu de la phénoménologie, il testera de façon critique La sculpture du vivant  et plus généralement une philosophie de la vie ou du vivant, sur la possibilité de penser la vie en s’appuyant sur la biologie cellulaire.
Titre proposé : « La mort est-elle la possibilité la plus propre de la vie ? »
Il y a deux manières au moins pour la pensée d’oublier la vie. Soit elle la réduit à un mécanisme aveugle, ce qui a souvent été reproché à la biologie par les pensées d’inspiration vitaliste ; soit elle la désincarne en considérant que pour l’essentiel « la vraie vie est ailleurs », à savoir dans l’esprit. Ce dualisme du corps et de l’esprit interdit de comprendre le sens de leur unité. C’est pourtant cette unité d’une réalité objective que le savant étudie et d’un vécu subjectif que la conscience éprouve qui définit la vie. C’est donc la vie elle-même, et non la dualité,  qu’il convient de prendre comme point de départ afin de comprendre en quel sens elle peut donner lieu, en la redéfinissant, à cette différence entre l’esprit et la matière. Comme le note Hans Jonas, c’est probablement en effet  « dans le mystère du corps vivant, [que] les deux pôles sont intégrés. »
Comment comprendre alors le sens de cette polarité qui semble caractériser la vie ? Est-ce par une paradoxale négation de soi que la vie s’affirme elle-même ? La mort est-elle à l’oeuvre dans la vie et l’oeuvre propre de la vie ?
Jean Claude Ameisen identifie au sein de l’organisme « comme » un principe actif de négation, l’apoptose, qui se manifeste sous la forme de mécanismes de destruction cellulaire et assure paradoxalement la pérennité de l’organisme. Mais peut-il, comme tel, remplir les attendus d’une authentique ontologie de la vie ou bien faut-il le « compléter » par l’analyse existentiale de l’être-envers-la-mort réalisée par Heidegger ? A moins que cette dernière approche qui privilégie le phénomène d’une existence qui se sait mortelle ne soit conduite à un excès d’abstraction et,  pour ainsi dire, à une désincarnation du Dasein, à un oubli de la vie.  Dès lors seule une compréhension existentielle directe du corps vivant telle que la mort en son sein l’anime nous mettra sur le chemin de la nouvelle ontologie.Tel sera bien, en tout état de cause, le projet philosophique de Hans Jonas.

Jeudi 28 mai de 16h à 18h
Paul-Antoine Miquel, maître de conférences (Nice-Sophia-Antipolis), habilité à diriger des recherches, interrogera de façon bergsonienne la notion de vital en prenant des exemples d’auto-effacement cellulaire et de sa suspension.
Titre de l’intervention : « Qu’y a-t-il de vital dans un organisme vivant ? »

L’image-concept « d’élan vital » fini a-t-elle une valeur heuristique pour  comprendre les dynamiques biologiques de la mort cellulaire?

L’élan vital est une force psychologique, selon Bergson. Mais il se définit aussi par sa finitude. Nous verrons comment cet étrange concept permet au philosophe français de donner un sens à deux problèmes épistémologiques majeurs: ce qu’il appelle « l’harmonie en arrière », et l’idée que la vie est une force créatrice, précisément parcequ’elle est dissipative.
> C’est cette seconde idée, plus que la première, qui l’oppose à Darwin,
> puisqu’elle oblige à concevoir l’évolution comme quelque chose qui ne peut être
> entièrement expliqué par la sélection naturelle. Nous nous demanderons jusqu’à
> quel point ce pradigme qui sert à concevoir le vieillissement comme « retard » et
> non comme une simple usure, peut aussi servir à comprendre, avec une lecture
> rétrospective, le mécanisme de mort cellulaire.

Jeudi 11 juin de 16h à 18h
Eric Charmetant, maître-assistant (Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris), docteur en philosophie de la biologie (2007, IHPST- Paris 1, Jean Gayon), Master de théologie catholique (2002)
À la lumière des recherches contemporaines en exégèse sur le début du livre de la Genèse, tout spécialement autour de l’arbre du « connaître bien et mal » et de l’arbre de la vie, ainsi que des développements théologiques initiés par saint Augustin autour du péché originel, nous examinerons les interprétations qu’en a proposées Jean-Claude Ameisen dans La sculpture du vivant.
Dans cette démarche, nous resterons attentifs aux différences de niveau et de sens des approches biologique et théologique du rapport mort-vie. Nous indiquerons les conditions d’un dialogue fécond entre biologie et théologie qui évite aussi bien le concordisme que l’opposition stérile.
Titre de l’intervention : « Apoptose et mort-vie de l’humain en Genèse 1- 3 : quel dialogue entre biologie et théologie chrétienne dans la conception du rapport mort-vie ? »

Séminaire organisé par Laurent Cherlonneix

Jean-Claude Ameisen co-anime ces séances

Salle du Campanile – 8e étage 897 C – Les Grands Moulins

10, advice esplanade Pierre Vidal-Naquet – Paris 13e

Le but de ce séminaire est d’examiner les conditions de possibilité d’un dialogue et d’initier un tel dialogue entre d’une part les différents présupposés sur le vivant dans les divers horizons propres aux différents intervenants non biologistes (philosophie de la vie, viagra order philosophie de la biologie, more about philosophie de la médecine, psychanalyse) et d’autre part les concepts vie-mort exploitables à partir de la biologie en tant qu’elle est aujourd’hui marquée voire modifiée par les recherches sur l’auto-effacement cellulaire. Une condition d’échanges fructueux, notamment pour les non biologistes, est la lecture de La sculpture du vivant. Le suicide cellulaire ou la mort créatrice de Jean-Claude Ameisen (Paris, Le Seuil, 1999, rééd. 2000, 2003).

PROGRAMME DES TROIS VOLETS DE 2008 À 2010 

 

1er volet : biologie et épistémologie de la régulation de la mort cellulaire

Durant le premier semestre 2008, un premier volet a été proposé dans une perspective largement épistémologique. Après l’exposé de  l’immunologiste Jean-Claude Ameisen, nous avons interrogé dans une perspective de clarification les nouvelles notions mises en avant par la biologie cellulaire contemporaine (interrogation d’une part sur l’insertion de cette problématique dans la pensée évolutionniste, d’autre part sur son insertion dans le vocabulaire, notamment celui de la régulation, mis en avant depuis les années 60 par la biologie moléculaire). Nous avons ensuite confronté ces concepts et ce vocabulaire, opératoires à un niveau cellulaire en biologie, à d’autres niveaux de discours ayant des objets a priori tout à fait distincts, et qui, a posteriori, ont validé leur hétérogénéité vis-à-vis du vocabulaire biologique : la pulsion freudienne de mort d’une part, l’accompagnement des mourants et la relation patient-médecin tels que l’éthique peut l’envisager dans le contexte médical contemporain d’autre part. La validation de cette hétérogénéité a été accompagnée de discussions profitables de part et d’autre.

 

2ème volet : Y a-t-il une discussion possible entre biologie de la mort cellulaire et cinq propositions relevant d’une philosophie du vivant ?

Pour le second volet du premier semestre 2009 nous proposons de revenir sur ces notions toutes associées à la suspension et à l’initiation de la mort cellulaire, à partir de l’histoire de la philosophie du vivant. Est-ce que, de Bergson à Heidegger, de Jonas à Deleuze et Derrida, il y a des propositions philosophiques sur la vie ou le vivant susceptibles d’entendre voire éventuellement de rétroagir sur et d’interroger le vocabulaire biologique contemporain, en particulier celui de la mort cellulaire « programmée » ?

 

3ème volet (1er semestre 2010) : La biologie est-elle, de son propre point de vue, en train de changer son regard sur le vivant, ou bien le doit-elle encore, ou bien un tel « changement » est-il le fruit d’une interprétation externe au champ de la biologie elle-même ?

Pour cet ultime volet, nous inviterons différents biologistes pour leur demander de réfléchir à la cohérence et éventuellement aux dissonances entre certains présupposés fondamentaux de la biologie moderne (par exemple, mais ce n’est qu’une possibilité parmi d’autres, le caractère secondaire de la mort dans la pensée évolutionniste) avec les présupposés qu’apportent les recherches dans le champ de l’apoptose et de la mort cellulaire « programmée ».  

 

PROJET DE PUBLICATION 

Nous avons pris langue avec les éditions de Boeck qui nous ont confirmé par écrit l’intérêt qu’elles ont pour la publication en un volume qui sera formé par les contributions issues des trois volets de notre séminaire.

A titre d’exemple, les éditions de Boeck ont déjà publié en février 2008, sous la direction de Paul-Antoine Miquel, un volume de contributions collectives (Paul-Antoine Miquel et Laurent Cherlonneix y ont rédigé des chapitres) dans une série « évolution des concepts fondateurs de la biologie » appelée à s’étendre et dans laquelle l’ouvrage issu de notre séminaire, si le Centre d’études du vivant  continue de le soutenir, viendra trouver sa place.

 

PROGRAMME POUR 2009 

 

Jeudi 26 mars de 16h à 18h

Jean-Yves Heurtebise : Lignes de fuite et négativité : de l’apoptose dans une perspective deleuzienne

Docteur en philosophie de l’université d’Aix-en-Provence (avec une thèse intitulée « penser la vie »), orchestrera le dialogue sur les représentations du vivant en biologie et en philosophie à partir d’un exposé sur la pensée deleuzienne du vivant.

 

Mardi 7 avril de 16h à 18h

Paul-Antoine Miquel : Qu’y a-t-il de vital dans un organisme vivant ?

Maître de conférences, habilité à diriger des recherches, interrogera depuis la pensée bergsonienne du vivant le vocabulaire de l’auto-effacement cellulaire et de sa suspension et par voie de conséquence les représentations du vivant issues de la théorie de l’apoptose.

 

Jeudi 30 avril de 16h à 18h

Frédéric Worms : Jusqu’où va l’opposition entre la vie et la mort ?

Professeur, interviendra à partir de Derrida (Le Donner la mort paru chez Galilée en 1999 sera certainement une référence inévitable) mais aussi de sa propre conceptualisation du « vital ». Connaissant par ailleurs Jean-Claude Ameisen, il est ravi d’avoir l’opportunité de dialoguer avec lui sur cette question de la ou des représentations du vivant en biologie et en philosophie.

 

Jeudi 14 mai de 16h à 18h

Eric Pommier : La mort est-elle la possibilité la plus propre de la vie ?

Agrégé et doctorant (sur Hans Jonas), interviendra sur la place de la mort dans le vivant selon Jonas et Heidegger. Issu de la phénoménologie, il testera de façon critique La sculpture du vivant  et plus généralement une philosophie de la vie ou du vivant, sur la possibilité de penser la vie en s’appuyant sur la biologie cellulaire.

 

Jeudi 28 mai de 16h à 18h

Eric Charmetant : Apoptose et mort-vie de l’humain en Genèse 1-3 : quel dialogue entre biologie et théologie chrétienne dans la conception du rapport mort-vie ?

Docteur en philosophie de la biologie à l’IHPST de Paris 1 (Jean Gayon) et jésuite, proposera une relecture du passage de la Genèse sur l’arbre de vie et sur le sens de l’immortalité avant le « péché originel », passage précisément commenté par Jean-Claude Ameisen dans La sculpture du vivant à l’aune des nouvelles significations de la notion d’immortalité aujourd’hui pensables à partir de la biologie cellulaire.

 

 

Séminaire organisé par Laurent Cherlonneix
Jean-Claude Ameisen co-anime ces séances
Salle du Campanile – 8e étage 897 C – Les Grands Moulins
10, information pills esplanade Pierre Vidal-Naquet – Paris 13e

Le but de ce séminaire est d’examiner les conditions de possibilité d’un dialogue et d’initier un tel dialogue entre d’une part les différents présupposés sur le vivant dans les divers horizons propres aux différents intervenants non biologistes (philosophie de la vie, philosophie de la biologie, philosophie de la médecine, psychanalyse) et d’autre part les concepts vie-mort exploitables à partir de la biologie en tant qu’elle est aujourd’hui marquée voire modifiée par les recherches sur l’auto-effacement cellulaire. Une condition d’échanges fructueux, notamment pour les non biologistes, est la lecture de La sculpture du vivant. Le suicide cellulaire ou la mort créatrice de Jean-Claude Ameisen (Paris, Le Seuil, 1999, rééd. 2000, 2003).

PROGRAMME DES TROIS VOLETS DE 2008 À 2010

1er volet : biologie et épistémologie de la régulation de la mort cellulaire
Durant le premier semestre 2008, un premier volet a été proposé dans une perspective largement épistémologique. Après l’exposé de  l’immunologiste Jean-Claude Ameisen, nous avons interrogé dans une perspective de clarification les nouvelles notions mises en avant par la biologie cellulaire contemporaine (interrogation d’une part sur l’insertion de cette problématique dans la pensée évolutionniste, d’autre part sur son insertion dans le vocabulaire, notamment celui de la régulation, mis en avant depuis les années 60 par la biologie moléculaire). Nous avons ensuite confronté ces concepts et ce vocabulaire, opératoires à un niveau cellulaire en biologie, à d’autres niveaux de discours ayant des objets a priori tout à fait distincts, et qui, a posteriori, ont validé leur hétérogénéité vis-à-vis du vocabulaire biologique : la pulsion freudienne de mort d’une part, l’accompagnement des mourants et la relation patient-médecin tels que l’éthique peut l’envisager dans le contexte médical contemporain d’autre part. La validation de cette hétérogénéité a été accompagnée de discussions profitables de part et d’autre.

2ème volet : Y a-t-il une discussion possible entre biologie de la mort cellulaireet cinq propositions relevant d’une philosophie du vivant ?
Pour le second volet du premier semestre 2009 nous proposons de revenir sur ces notions toutes associées à la suspension et à l’initiation de la mort cellulaire, à partir de l’histoire de la philosophie du vivant. Est-ce que, de Bergson à Heidegger, de Jonas à Deleuze et Derrida, il y a des propositions philosophiques sur la vie ou le vivant susceptibles d’entendre voire éventuellement de rétroagir sur et d’interroger le vocabulaire biologique contemporain, en particulier celui de la mort cellulaire « programmée » ?

3ème volet (1er semestre 2010) : La biologie est-elle, de son propre point de vue, en train de changer son regard sur le vivant, ou bien le doit-elle encore, ou bien un tel « changement » est-il le fruit d’une interprétation externe au champ de la biologie elle-même ?
Pour cet ultime volet, nous inviterons différents biologistes pour leur demander de réfléchir à la cohérence et éventuellement aux dissonances entre certains présupposés fondamentaux de la biologie moderne (par exemple, mais ce n’est qu’une possibilité parmi d’autres, le caractère secondaire de la mort dans la pensée évolutionniste) avec les présupposés qu’apportent les recherches dans le champ de l’apoptose et de la mort cellulaire « programmée ».

PROJET DE PUBLICATION
Nous avons pris langue avec les éditions de Boeck qui nous ont confirmé par écrit l’intérêt qu’elles ont pour la publication en un volume qui sera formé par les contributions issues des trois volets de notre séminaire.
A titre d’exemple, les éditions de Boeck ont déjà publié en février 2008, sous la direction de Paul-Antoine Miquel, un volume de contributions collectives (Paul-Antoine Miquel et Laurent Cherlonneix y ont rédigé des chapitres) dans une série « évolution des concepts fondateurs de la biologie » appelée à s’étendre et dans laquelle l’ouvrage issu de notre séminaire, si le Centre d’études du vivant  continue de le soutenir, viendra trouver sa place.

PROGRAMME POUR 2009

Jeudi 26 mars de 16h à 18h
Jean-Yves Heurtebise, docteur en philosophie de l’université d’Aix-en-Provence, chercheur à l’EHESS (avec une thèse intitulée « penser la vie »), orchestrera le dialogue sur les représentations du vivant en biologie et en philosophie à partir d’un exposé sur une pensée deleuzienne du vivant.
Titre proposé : « Lignes de fuite et négativité : de l’apoptose dans une perspective deleuzienne »

Jeudi 30 avril de 16h à 18h
Frédéric Worms, professeur (Lille 3 et centre d’étude de la philosophie française contemporaine, ENS)
Titre proposé : « Les relations entre la vie et la mort : difficulté, hypothèse, enjeu« .
« Le but de cette conférence sera de montrer qu’à la difficulté vitale de penser la vie et la mort s’en ajoute une autre, d’ordre théorique, et de proposer une hypothèse pour la dépasser, qui consiste dans une sorte de conversion radicale du regard; les enjeux en sont vastes, et couvrent en réalité toute l’extension du problème de la vie et de la mort, aujourd’hui, d’une question en apparence locale, à tous les enjeux ontologiques et scientifiques, mais aussi éthiques et politiques de notre expérience, qui définissent le présent comme moment du vivant ».

Jeudi 14 mai de 16h à 18h
Eric Pommier, agrégé et doctorant (sur Hans Jonas), interviendra sur la place de la mort dans le vivant selon Jonas et Heidegger. Issu de la phénoménologie, il testera de façon critique La sculpture du vivant  et plus généralement une philosophie de la vie ou du vivant, sur la possibilité de penser la vie en s’appuyant sur la biologie cellulaire.
Titre proposé : « La mort est-elle la possibilité la plus propre de la vie ? »
Il y a deux manières au moins pour la pensée d’oublier la vie. Soit elle la réduit à un mécanisme aveugle, ce qui a souvent été reproché à la biologie par les pensées d’inspiration vitaliste ; soit elle la désincarne en considérant que pour l’essentiel « la vraie vie est ailleurs », à savoir dans l’esprit. Ce dualisme du corps et de l’esprit interdit de comprendre le sens de leur unité. C’est pourtant cette unité d’une réalité objective que le savant étudie et d’un vécu subjectif que la conscience éprouve qui définit la vie. C’est donc la vie elle-même, et non la dualité,  qu’il convient de prendre comme point de départ afin de comprendre en quel sens elle peut donner lieu, en la redéfinissant, à cette différence entre l’esprit et la matière. Comme le note Hans Jonas, c’est probablement en effet  « dans le mystère du corps vivant, [que] les deux pôles sont intégrés. »
Comment comprendre alors le sens de cette polarité qui semble caractériser la vie ? Est-ce par une paradoxale négation de soi que la vie s’affirme elle-même ? La mort est-elle à l’oeuvre dans la vie et l’oeuvre propre de la vie ?
Jean Claude Ameisen identifie au sein de l’organisme « comme » un principe actif de négation, l’apoptose, qui se manifeste sous la forme de mécanismes de destruction cellulaire et assure paradoxalement la pérennité de l’organisme. Mais peut-il, comme tel, remplir les attendus d’une authentique ontologie de la vie ou bien faut-il le « compléter » par l’analyse existentiale de l’être-envers-la-mort réalisée par Heidegger ? A moins que cette dernière approche qui privilégie le phénomène d’une existence qui se sait mortelle ne soit conduite à un excès d’abstraction et,  pour ainsi dire, à une désincarnation du Dasein, à un oubli de la vie.  Dès lors seule une compréhension existentielle directe du corps vivant telle que la mort en son sein l’anime nous mettra sur le chemin de la nouvelle ontologie.Tel sera bien, en tout état de cause, le projet philosophique de Hans Jonas.

Jeudi 28 mai de 16h à 18h
Paul-Antoine Miquel, maître de conférences (Nice-Sophia-Antipolis), habilité à diriger des recherches, interrogera de façon bergsonienne la notion de vital en prenant des exemples d’auto-effacement cellulaire et de sa suspension.
Titre de l’intervention : « Qu’y a-t-il de vital dans un organisme vivant ? »

L’image-concept « d’élan vital » fini a-t-elle une valeur heuristique pour  comprendre les dynamiques biologiques de la mort cellulaire?
L’élan vital est une force psychologique, selon Bergson. Mais il se définit aussi par sa finitude. Nous verrons comment cet étrange concept permet au philosophe français de donner un sens à deux problèmes épistémologiques majeurs: ce qu’il appelle « l’harmonie en arrière », et l’idée que la vie est une force créatrice, précisément parcequ’elle est dissipative.
C’est cette seconde idée, plus que la première, qui l’oppose à Darwin, puisqu’elle oblige à concevoir l’évolution comme quelque chose qui ne peut être entièrement expliqué par la sélection naturelle. Nous nous demanderons jusqu’à quel point ce pradigme qui sert à concevoir le vieillissement comme « retard » et non comme une simple usure, peut aussi servir à comprendre, avec une lecture rétrospective, le mécanisme de mort cellulaire.

Jeudi 11 juin de 16h à 18h
Eric Charmetant, maître-assistant (Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris), docteur en philosophie de la biologie (2007, IHPST- Paris 1, Jean Gayon), Master de théologie catholique (2002)
À la lumière des recherches contemporaines en exégèse sur le début du livre de la Genèse, tout spécialement autour de l’arbre du « connaître bien et mal » et de l’arbre de la vie, ainsi que des développements théologiques initiés par saint Augustin autour du péché originel, nous examinerons les interprétations qu’en a proposées Jean-Claude Ameisen dans La sculpture du vivant.
Dans cette démarche, nous resterons attentifs aux différences de niveau et de sens des approches biologique et théologique du rapport mort-vie. Nous indiquerons les conditions d’un dialogue fécond entre biologie et théologie qui évite aussi bien le concordisme que l’opposition stérile.
Titre de l’intervention : « Apoptose et mort-vie de l’humain en Genèse 1- 3 : quel dialogue entre biologie et théologie chrétienne dans la conception du rapport mort-vie ? »

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